LE MONACHISME EN EGYPTE

Le monachisme égyptien n'est pas le tout premier monachisme, dont on sait qu'il existait dans l'Eglise ancienne des trois premiers siècles (vierges et ascètes masculins) comme dans la tradition juive (naziréat). Néanmoins, il exerça très vite une influence prépondérante, notamment par la signification biblique des déserts égyptiens et la figure hors du commun de saint Antoine le Grand. C'est pourquoi ce dernier est traditionnellement considéré comme le "Père des moines", même s'il fut certainement précédé au désert par d'autres ascètes. Saint Antoine et ses disciples menaient une vie semi-anachorétique dans des cellules peu éloignées les unes des autres, se réunissant périodiquement pour célébrer la liturgie et pour des conférences spirituelles. Plusieurs groupements se constituèrent ainsi, qu'Antoine visitait régulièrement et dont la charge fut dévolue à son successeur saint Ammonas. Plusieurs ascètes bénéficiant des conseils de saint Antoine créèrent d'autres centres semi-anachorétiques en Egypte, dont les principaux furent les déserts de Nitrie et de Scété.

Le désert de Nitrie, situé à une soixantaine de kilomètres au sud d'Alexandrie, abrita une colonie monastique fondée par saint Amoun vers 315. Les cellules individuelles et les groupement semi-anachorétiques se multiplièrent rapidement et s'organisèrent sous l'autorité administrative et disciplinaire de "l'abbé de Nitrie", secondé par un collège de sept autres anciens, prêtres comme lui. L'affluence des moines à Nitrie convainquit Amoun de fonder le désert des Cellules, une vingtaine de kilomètres au sud-ouest, afin de redonner aux ascètes les plus avancés de trouver la solitude profonde qui leur était nécessaire. Proche d'Alexandrie, le monachisme de Nitrie souffrit des querelles doctrinales du Ve siècle et disparut progressivement au profit des monastères d'Alexandrie ou de Scété.

Le désert de Scété, situé cinquante kilomètres plus au sud du désert des Cellules, abrite encore de nos jours un monachisme qui eut pourtant à souffrir des razzias bédouines, des dissensions doctrinales et de la domination musulmane. Fondé par saint Macaire d'Egypte vers 330, Scété compta rapidement quatre groupements qui formèrent des monastères semi-anachoértiques : les monastères des saints Maxime et Domèce (actuel Deir Baramous), les monastères dédiés à l'abbé Bishoï et à l'abbé Jean Kolobos, et le monastère du lieu où Macaire finit ses jours (actuel Deir Abou Makar). Le semi-anachorétisme scétiote s'étendit ailleurs en Basse-Egypte, notamment dans le Fayoum (laures de Neklne et de Takinasch).

Ce fut également en Egypte qu'apparut une nouvelle forme de monachisme, le cénobitisme, caractérisé par une communauté de moines ou de moniales constituée pour mener une vie communautaire et liturgique, sur le modèle ecclésial. Son fondateur, saint Pachôme, érigea le premier monastère cénobitique au début du IVe siècle, non loin de Tabennèse, à l'image de l'Eglise ancienne de Jérusalem. Il reprit les éléments essentiels du semi-anachorétisme, qu'il transposa à l'idéal communautaire, lequel se traduisait une mise en commun de tous les biens, par un esprit de soumission et de service mutuel, ainsi que par l'établissement de règles destinées à organiser la vie communautaire (mais laissant à chaque moine le soin de s'imprégner des saintes Ecritures et d'être docile à sa conscience personnelle et à l'Esprit saint). Le cénobitisme fut par repris et adapté en Haute-Egypte, puis s'étendit sous différentes formes partout dans la chrétienté, jusqu'à supplanter le semi-anachorétisme.


LES PERES DES DESERTS EGYPTIENS

I. PERES FONDATEURS
Antoine le Grand (saint)
Ammonas (saint)

II. PERES DU DESERT DE NITRIE
Amoun (saint)
Pior
Or
Pambo
Isidore
Cronios
Macaire d'Alexandrie

III. PERES DU DESERT DE SCETE
Macaire d'Egypte (saint)
Ammoès
Isidore
Paphnuce
Arsène
Moïse
Poemen

© 2002-2008 www.eglise-armenienne.com