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FETE DE LA DECOUVERTE DES RELIQUES DE SAINT GREGOIRE L'ILLUMINATEUR
18 novembre
Première invention des restes de saint Grégoire, notre Illuminateur.
Dans le manuscrit B, on peut lire :
Lorsque saint Grégoire sortit du puits et illumina l'Arménie de la science de Dieu, il n'avait pas encore les honneurs sacerdotaux. Or, le roi Tiridate avec tous les satrapes pria le bienheureux d'accepter la prêtrise pour leur donner le sceau du christianisme ; mais il n'acquiesça point, jusqu'à ce que l'ange de Dieu lui eut apparu et lui eût imposé de consentir à cet honneur.
C'est alors que le roi l'envoya avec des chars et de nombreuses troupes à Césarée, porteur des offrandes de sacrifices et d'une lettre à l'archevêque de Césarée, Léonce. Il y arriva en paix, et l'archevêque avec tous ses clercs, en voyant saint Grégoire et en écoutant ses œuvres miraculeuses, fut grandement réjoui.
Léonce, ayant convoqué ses évêques, ordonna prêtre saint Grégoire, puis il le sacra archevêque de l'Arménie. (Grégoire) revint joyeusement en Arménie, dans le diocèse que Dieu lui avait accordé.
Le roi, avec toutes ses troupes, vint au-devant de lui, au fleuve Euphrate ; le saint patriarche les fit descendre dans l'eau et accomplit sur eux tous l'ordre du baptême. C'est alors que par ordre de Dieu l'eau s'étant arrêtée, reflua en arrière, et qu'une lumière du ciel, comme une colonne, descendit sur l'eau, et dans cette lumière la forme de la croix du Seigneur ; la lumière était si resplendissante qu'elle obscurcit les rayons du soleil.
Saint Grégoire, paré des vêtements patriarcaux, présidait et versait dans le fleuve l'huile sainte qui allait entourer chacun de ces hommes, en lui conférant la bénédiction de Dieu. Ce jour-là, cent vingt mille hommes furent baptisés. Etant sortis de l'eau vêtus de blanc, ils se rendirent à la maison du Seigneur et communièrent des mains du patriarche au corps et au sang du Christ.
Notre premier père Grégoire, qui nous mit au monde selon l'évangile, occupa le siège du saint apôtre Thaddée, la dix-septième année du règne de Tiridate. Il parcourut tout le pays, accompagné du roi, brisa les statues des idoles et édifia partout des églises.
Le roi et saint Grégoire apprirent ensuite la conversion du grand Constantin, empereur des Romains, et ils s'empressèrent d'aller lui rendre visite à Rome. Saint Constantin les accueillit avec de grands honneurs ; ils retournèrent ensuite en Arménie.
Cependant, saint Grégoire, après trente années de gouvernement, se retira dans les solitudes et les montagnes et y vécut d'une vie solitaire.
Le roi Tiridate, ayant appris que les deux fils de Grégoire, Aristacès et Verdanès, se trouvaient à Césarée, les envoya chercher, et fit sacrer par saint Grégoire, pour le remplacer sur le siège patriarcal, son fils Aristacès.
A cette époque eut lieu le concile de Nicée contre Arius, l'hérétique. Saint Grégoire ne voulut pas se rendre au concile, pour ne pas y être l'objet de trop d'honneurs. Aristacès s'y rendit, et rapporta avec lui les statuts de la foi, que Grégoire, après étude, accepta.
Dès lors Grégoire n'apparut plus au monde, mais il parcourut les montagnes en grand ascétisme, ignoré de tous. Il se fixa pendant de longues années dans la montagne de la province de Daranali, vivant dans le creux d'un tronc de genièvre, et plus tard dans la grotte de Manès, dans cette même montagne où eut lieu son assomption de cette terre vers le Christ, ignorée des humains.
Plus tard des bergers, ayant découvert son corps, l'enterrèrent à la même place, ne sachant qui il était. Son corps resta, pour avoir été enterre par des bergers, ignoré jusqu'aux jours de Zénon, empereur des Grecs.
A cette époque, Grégoire se révéla, dans un rêve, à un ascète du nom de Garnik, qui avait fixe sa demeure dans la province de Bassian, au haut du village de Ketni, et lui dit : " Tu viendras me déterrer et tu m'emporteras pour m'enterrer à Thortan. " Le solitaire, s'y étant rendu, le déterra et l'emporta à Thortan ; on le déposa, avec de grands honneurs, dans l'église. L'empereur des Grecs, l'ayant appris, envoya des gens qui transportèrent à Constantinople les restes de saint Grégoire, n'en laissant qu'une partie à l'endroit. L'empereur fit déposer ces restes avec honneur au milieu de ceux d'une multitude de saints qui y étaient réunis.
L'invention des restes telle qu'elle a eu lieu, ainsi que la mort de saint Grégoire, est fêtée par l'Eglise le 18 novembre, le 10 Tré, pour la gloire du Christ.
Saint Grégoire, ainsi que tout le monde le sait, était du pays des Parthes, de la province de Palhav, d'une branche régnante, distinguée sous le nom d'Archakouni, de la famille des Sourènes, d'un père nomme Anak.
Il fut comme le soleil naissant des contrées orientales de notre pays, comme le rayon spirituel d'un soleil intellectuel qui nous a illuminés du profond mal de l'idolâtrie ; vraiment bon et persécuteur des démons, il a été pour nous la raison spirituelle de notre félicité et de notre édification ; vrai palmier divin planté dans la maison du Seigneur et qui a fleuri dans le vestibule de Dieu. En augmentant de telle manière et en si grand nombre les peuples, il nous a rassemblés dans sa généreuse vieillesse spirituelle pour la gloire et l'éloge de Dieu.
Ange terrestre, notre père saint et notre illuminateur, souviens-toi de nous, qui sommes nés de tes entrailles, nous les enfants de l'église arménienne qui honorons ta mémoire, souviens-toi de nous devant le Christ afin qu'il nous accorde le salut.
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