HAGIOLOGIE (gr. hagios, saint, et logos, discours).

Etude spirituelle et théologique de la sainteté. L'Eglise vénère les saints qu'elle honore non comme des dieux, mais comme des personnes qui ont atteint une grande élévation spirituelle et ont vécu en union avec Dieu.

La reconnaissance de la sainteté d'un défunt naît de la vénération des fidèles et des signes donnés par Dieu, comme les guérisons ou la conservation du corps. Dans l'Eglise des premiers siècles, les martyrs devenaient, immédiatement après leur mort, l'objet de la vénération des fidèles qui célébraient la liturgie sur leurs tombeaux. Depuis les temps apostoliques, c'est ainsi l'Eglise toute entière - la communauté des fidèles unie au Christ - qui reconnaît, par l'inspiration de l'Esprit, la sainteté d'un défunt.

Parmi les innombrables saints reconnus et vénérés comme tels par la communauté des fidèles, certains dont le rayonnement fut exceptionnel, ont été incorporés au synaxaire (recueil des saints commémorés un jour dans l'année). Le calendrier liturgique arménien affecte environ cent-cinquante jours à la commémoration des saints figurant dans le synaxaire de l'Eglise arménienne, lequel compte quatre-vingt-neuf fêtes dédiées aux saints bibliques, près de deux cents aux saints de l'Eglise universelle (les Pères apostoliques du IIe siècle, les Pères des trois conciles œcuméniques de Nicée, de Constantinople et d'Ephèse, et plus de cent-cinquante autres noms de l'Eglise chrétienne du IIe au VIe siècle), et cinquante-six seulement à des saints originaires d'Arménie. Le nombre de saints est beaucoup plus important que celui des fêtes qui leur sont dédiées, car certaines d'entre-elles en regroupent plusieurs, comme les fêtes des saints Innocents, des Pères de chacun des trois conciles œcuméniques, ou encore de saint Vardan et de ses mille-trente-six compagnons d'armes morts pour la défense de la foi à la bataille d'Avaraïr (451). Il faut ajouter les innombrables saints qui ne figurent pas au synaxaire, mais dont l'Eglise garde la mémoire.

Grégoire de Tathèv et son maître Hovhannès Vorotnetsi (1346-1409) sont les derniers saints à avoir été incorporés au synaxaire par l'Eglise arménienne (en 1775). Depuis cette date et jusque récemment, les circonstances historiques particulièrement éprouvantes n'ont pas permis à l'Eglise arménienne de vénérer ouvertement ses néo-martyrs ni d'enrichir le synaxaire de nouveaux noms.


SOMMAIRE
LES SAINTS PRECURSEURS
LES SAINTS UNIVERSELS
LES SAINTS ARMENIENS
LES NOUVEAUX MARTYRS ARMENIENS


JEAN L'EVANGELISTE DANS LE RITE ARMENIEN
Ch. RENOUX
Dans Mélanges offerts à Jean Dauvillier, Toulouse, 1979, p. 725-730.

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